Qu’est-ce qu’une hépatite virale ?

Une hépatite est une inflammation cellulaire du foie, plus souvent causée par des virus. On l’appelle alors une hépatite virale. (Hépatite A – B – C – D – E). Une personne peut être infectée par plusieurs de ces virus, en même temps ou à des moments différents.
Il y a d’autres hépatites qui sont provoquées par une grande consommation d’alcool, certains médicaments, une surcharge en graisse ou un trouble du système de défense de l’organisme.

Qu’est-ce qui distingue l’hépatite C des autres hépatites virales ?

La principale spécificité de l’hépatite C est sa fâcheuse tendance à devenir chronique : plus de quatre fois sur cinq, l’organisme infecté ne se débarrasse pas du virus.
L’hépatite A ne devient jamais chronique : elle disparaît d’elle-même au bout de quelques jours ou de quelques semaines. L’hépatite B ne devient chronique qu’une fois sur dix.

L’hépatite C est causée par un virus similaire à celui du sida, capable de modifier ses antigènes, il peut se reproduire dans l’organisme, et très lentement, détruire les cellules du foie. Souvent, les lésions engendrées sont minimes et la personne contaminée ne sait pas qu’elle est porteuse du virus. L’incubation du virus est de 4 à 6 semaines.

  • 80% des patients deviennent porteurs chroniques.
  • 20% guérissent spontanément.
  • 20% des porteurs chroniques développent une cirrhose.
  • 5% des cas chroniques développent un cancer du foie.

Modes de transmission du virus de l’Hépatite C

Transmission par le sang

Le virus de l’hépatite C se transmet essentiellement par le sang. Il n’est pas très contagieux (beaucoup moins que celui de l’hépatite B, par exemple) et le risque de contamination a pendant longtemps été la transfusion sanguine.

Transmission nosocomiale du virus

On peut attraper le virus de l’hépatite C à l’hôpital.

Transmission par voie intraveineuse

La toxicomanie intraveineuse représente un grand risque de transmission du virus. Il est indispensable de ne jamais partager le matériel d’injection (seringues, aiguilles, coton et cuillère utilisé pour la préparation.) Le partage d’une même paille peut être à l’origine d’une contamination.

Transmission par voie sexuelle

Ce mode de transmission est possible, mais reste très rare. Si la transmission survient, elle est probablement liée à des facteurs responsables d’une transmission par le sang à l’occasion d’un rapport sexuel (lésions génitales, herpès, rapports pendant les règles…)

La transmission du virus de la mère à l’enfant

Ce moyen de transmission demeure rare, sauf dans le cas particulier d’une infection associée au virus du Sida. Quand elle se produit, c’est probablement au moment de l’accouchement. Un test sérologique positif chez le nouveau-né ne signifie pas forcément qu’il soit infecté. Il s’agit généralement des anticorps maternels, qui disparaissent au bout de quelques mois.

Le virus ne se transmet ni par les aliments, ni par la salive. Pour 30% des cas d’hépatite C, sans antécédent de transfusion ou de toxicomanie, l’origine de la contamination reste inconnue.

Existe-t-il un traitement de l’hépatite C ?

Le traitement de l’hépatite C a beaucoup évolué ces dernières années. Jusqu’à récemment, il était basé sur le traitement par l’interféronpégylé (ou peginterferon) et la ribavirine, traitement qui coutait cher, nécessitait des injections hebdomadaires pendant 48 semaines, ne guérissait qu’environ la moitié des patients, et était très mal toléré.

Ces dernières années, de nouveaux médicaments antiviraux appelés agents antiviraux directs (AAD) ont été commercialisés. Ce traitement est bien plus efficace, avec des taux de réussite de plus de 98%, mieux tolérés que les traitements plus anciens plus court (12 semaines en général), beaucoup moins cher que les anciens traitements à base d’interféron.A ce jour, seuls les traitements à base de peginterféron et ribavirine sont pris en charge par le RAMED.

Les bithérapies conseillées par l’Organisation Mondiale de la Santé pour le traitement de l’hépatite virale C sont des combinaisons de sofosbuvir et de daclatasvir ou de sofosbuvir et ribavirine, selon le génotype du virus. La présence d’une cirrhose ainsi que son état d’avancement peut nécessiter une trithérapie avec les trois molécules précitées.

Ces médicaments existent aujourd’hui au Maroc en version générique, et ce depuis 2015. Il s’agit du sofosbuvir et daclatasvir qui sont désormais produits par des laboratoires marocains. Ces médicaments sont identiques à ceux des laboratoires de marques vendus beaucoup plus cher dans les pays riches (54000$ en France, et 84000$ aux Etats Unis d’Amérique). Les génériques marocains ont prouvé la même efficacité en matière de traitement et plusieurs personnes sont aujourd’hui guéries grâce à ces derniers. Pour bénéficier de ce traitement, les personnes infectées par le VHC doivent faire l’objet d’une évaluation en vue du traitement antiviral qui inclut un certain nombre d’examens.

A ce jour, il n’existe pas toujours pas de vaccin contre le virus de l’hépatite C.

En cas de doute, comment être sûr qu’il s’agit d’une hépatite virale C ?

Il faut effectuer deux tests sanguins distincts pour diagnostiquer l’hépatite C :

Premier test : dépistage des anticorps anti-hépatite C. Il est utilisé pour déterminer si la personne est déjà entrée en contact avec l’hépatite C. Lorsque l’hépatite C entre dans le système sanguin, le système immunitaire de la personne touchée se met à produire des anticorps contre le virus. Le test de dépistage des anticorps recherche la présence de ces anticorps dans le sang.

  • Un résultat négatif veut dire que la personne n’est jamais entrée en contact avec l’hépatite C.
  • Un résultat positif indique que la personne est déjà entrée en contact avec l’hépatite C à un moment donné. Il faut toutefois souligner que les anticorps restent dans le corps même si le virus est éliminé. D’où l’importance d’un test de confirmation, car ce deuxième test permet de déterminer si le virus est encore présent dans le corps.

Deuxième test : dépistage du virus. Ce test (appelé test PCR, test de charge virale ou test de recherche de l’ARN) permet de détecter la présence d’une infection active à l’hépatite C.

  • Un résultat négatif indique que la personne n’est pas atteinte d’hépatite C.
  • Un résultat positif veut dire qu’elle a l’hépatite C.