Plaidoyer pour l’accès universel au traitement de l’hépatite C

Pourquoi l’hépatite C?

Partout dans le monde, l’hépatite C est une maladie qui tue silencieusement, car les symptômes ne se déclarent qu’à un stade avancé de la maladie. En l’absence d’une conna issance des modes de transmission et de campagnes massives de dépistage, une majorité des personnes atteintes ignorent leur statut. Dans certains pays, l’accès au diagnostic ne garanti pas l’accès aux soins et au traitement.

Plusieurs barrières subsistent :

  • le coût du traitement;
  • le coût des examens de suivi biologique;
  • l’inaccessibilité des structures hospitalières à certaines populations (notamment en milieu rural).

Ce qui est rageant, c’est que nous avons tous les moyens scientifiques et humains pour éradiquer l’épidémie d’ici 2030, mais il existe un fossé entre la connaissance et le passage à l’action.

Au Maroc, l’OMS a estimé en 2015 que 1,2% de la population est porteuse de l’hépatite virale C.

L’ALCS et l’engagement dans la lutte contre l’hépatite C

L’ALCS a investi le champ de la lutte contre l’hépatite C en menant des actions de plaidoyer depuis 2014, notamment lorsque nous avons pris position dans la bataille pour l’accès aux traitements génériques localement produits (et avons soutenu l’engagement du ministère de la Santé pour la production locale d’Antiviraux à Action Directe), comme il peut être constaté à travers les documents suivants :

 

Le plaidoyer a par la suite été structuré et intensifié à partir de septembre 2016 dans le cadre du projet « Plaidoyer pour l’accès universel au traitement de l’hépatite C » porté par Coalition Plus. Coalition Plus est une union internationale communautaire intervenant dans 35 pays auprès de plus de 60 associations de lutte contre le sida et les hépatites, dont L’ALCS est membre fondatrice.

Le projet « Plaidoyer pour l’accès universel au traitement de l’hépatite C »  est mené en partenariat avec 17 ONG locales dans 7 pays à revenus intermédiaires : le Brésil, la Colombie, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, le Maroc et la Thaïlande. Au Maroc, l’ALCS est la structure qui est en charge du projet. Le but du projet est de lever les  barrières d’accès au traitement dans ces pays, qui sont de natures diverses (par exemple : inaccessibilité des traitements du fait de leurs prix ou de licences de grands groupes pharmaceutiques).

Au Maroc, le traitement est disponible. Pour que son accès soit effectif pour tous les marocains,  il faut que le Plan Stratégique National de Lutte contre les Hépatites Virales soit mis en œuvre. L’ALCS se concentre donc dans le cadre de ce projet sur l’accompagnement de l’engagement du gouvernement pour la lutte contre les hépatites virales, et le plaidoyer pour que ce plan inclue les populations les plus vulnérables à la maladie, qui sont souvent marginalisées.

 

 

 

 

 

 

Depuis le démarrage du projet, le plaidoyer de l’ALCS a visé les  futurs élus afin d’implémenter au plus vite le Plan Stratégique National de Lutte contre les Hépatites Virales et le doter d’un budget. Lors de la campagne pour les élections législatives d’octobre 2016, nous sommes allés à la rencontre des candidats en lice, avec un mémorandum sur le RAMED et un mémorandum sur le Plan Stratégiques National de Lutte contre les Hépatites Virales. Huit partis politiques majeurs ont adhéré à nos revendication, Fédération de la Gauche Démocratique (FGD), Parti Authenticité et Modernité (PAM), Parti de l’Istiqlal (PI), Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Parti Socialiste Unifié (PSU), Rassemblement National des Indépendants (RNI), Union Constitutionnelle (UC), Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), s’engageant à répondre aux revendications phares suivantes :

–  l’élargissement des campagnes de diagnostic à l’ensemble de la population : selon les données du ministère de la Santé, seules 3000 personnes sur les 400 000 porteuses du virus de l’hépatite C savent qu’elles sont atteintes ;

– la baisse du coût du diagnostic (qui pèse pour 60% du coût total du traitement) et son élargissement aux populations vulnérables (notamment les prisonniers et usagers de drogues) ;

– l’élargissement du RAMED pour que les populations vulnérables à cette infection puissent en bénéficier et remboursement des médicaments génériques ;

– la baisse du coût des médicaments génériques par les laboratoires.

Nous avions déjà exprimé ces revendications dans un communiqué de presse à l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites en 2016.

 Dès la constitution du gouvernement en avril 2017, nous avons adressé une lettre au chef du gouvernement, Dr S. Othmani, afin de mettre à l’ordre du jour de la rentrée gouvernementale la lutte contre l’hépatite C.

Nous avons également mené un travail de sensibilisation des professionnels de la santé de la Délégation Générale auprès de l’Administration Pénitentiaire (DGAPR) afin de préparer une campagne de dépistage et traitement de l’hépatite C en milieu carcéral, à travers deux ateliers:

-le premier à Tanger, le 09/03/2017.

-le second à Marrakech, le 18/11/2017.

L’ALCS est, en plus d’une association, un organisme produisant des études et recherches scientifiques à même d’influencer les politiques publiques.  Dans le cadre du projet de plaidoyer pour l’accès universel au traitement de l’hépatite C, les études suivantes sont en cours de réalisation :

-Un benchmark sur les prix des analyses diagnostiques et de suivi du traitement de l’hépatite virale C,

-Une étude d’investissement,

-Un état des lieux sur la place des hépatites dans l’offre de réduction des risques auprès des usagers de drogues injectables au Maroc.